Muséographie

Le Musée National d’Afghanistan, situé à Kaboul, est créé en 1922, la même année de la signature de la convention concernant la concession à la France du privilège des fouilles archéologiques en Afghanistan. Cette dernière, dans son article 7, prévoit le partage des objets en métaux non-précieux et en pierre entre les gouvernements afghan et français : les objets qui reviennent aux français sont envoyés et exposés au Musée Guimet, inauguré en 1889 à Paris. Cette situation prend fin à partir des années 1960 avec les directives de l’UNESCO sur la préservation du patrimoine culturel dans chaque pays : aucun objet exhumé de fouilles archéologiques ne doit plus désormais sortir de son pays d’origine.

La contribution de la DAFA à la restauration des découvertes archéologiques est particulièrement mise en lumière lors de la fouille de Tépé Marandjân en 1933. La découverte d’un Boddhisattva dans une niche de la cour du stûpa principal est l’occasion pour Jean Carl, qui dirige les fouilles avec Joseph Hackin, de consolider la statue sur place. Étant donné les risques de destruction lors de sa manipulation, celle-ci est évidée et renforcée par du plâtre et de de la filasse, ainsi qu’une armature de bois. Ce Boddhisattva est aujourd’hui conservé au Musée de Kaboul où il figure en bonne place.

Les relations entre le Musée National d’Afghanistan et la DAFA s’approfondissent à partir de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et du retour des archéologues français. Dès lors, la question de la conservation et de la restauration des objets conservés au Musée de Kaboul se pose. En 1946, Pierre Hamelin se charge de protéger les ivoires et les verres de Bégram, dont les mauvaises conditions de conservation (amplitude thermique, absence de laboratoire) menacent directement les objets. Bien que la DAFA ne soit pas officiellement impliquée dans l’entretien des objets du musée, ni dans l’aménagement de celui-ci, ses membres y participent directement. Les relations avec le Directeur du musée, M. Ahmed Ali Kohzad sont bonnes, celui-ci ayant accompagné J. Hackin comme traducteur dans ses déplacements à partir de 1930. Un nouveau conservateur, M. Abdul Rahim Ziyai, est nommé en 1957: de formation française (il a passé sa thèse sur l’histoire de l’Afghanistan à Toulouse), ses rapports avec Daniel Schlumberger sont excellents. Il bénéficie rapidement d’une bourse de l’UNESCO afin d’étudier en Europe et notamment en France l’organisation des musées.

Les dernières années de la DAFA avant sa fermeture voient le renforcement des liens avec le Musée National d’Afghanistan. Sous la direction de Jean-Claude Gardin (de 1980 à 1982), la DAFA est directement responsable de la restauration des objets de Bégram (verre dit « au phare d’Alexandrie », brisé au cours d’un des deux déménagements du musée), de Surkh Kotal (monnaies) et de Tilla Tépé (fragments de cuir ouvragé). Les collections du Département de Céramologie du Musée sont classées par B. Lyonnet, que ce matériel provienne des sites fouillés par la DAFA ou par des missions étrangères, et un rapport préliminaire est publié en 1985. Les vestiges ostéologiques de Shakh Tépé, Shortugaï et Aï Khanoum sont étudiés et remis au musée en 1982, accompagnés d’une proposition de plan spécialement réservée à la conservation de ces vestiges. De manière plus générale, un plan complet de réaménagement du musée dans ses locaux est conçu et proposé par la DAFA en lien avec M. Katawazi, directeur du Musée, afin d’en faire non seulement un lieu d’exposition, mais également un centre de recherche. Ce plan fait partie de propositions de coopération au développement de l’archéologie en Afghanistan soumises en septembre 1982. Le travail considérable mené par la DAFA conduit le directeur du Musée à demander le retour d’un restaurateur en 1983.

La réouverture de la DAFA en 2002 coïncide avec l’inauguration au Musée National des Arts Asiatiques Guimet de l’exposition « Afghanistan, une histoire millénaire » de février à mai 2002, puis « Afghanistan, les trésors retrouvés », de décembre 2006 à avril 2007. Pour cette dernière, la DAFA participe directement à des missions de restauration des collections du Musée National d’Afghanistan à Kaboul. La réalisation de l’exposition même sur place se déroule en collaboration directe avec la DAFA, par l’intermédiaire de son Directeur Roland Besenval, assurant également une partie importante de la logistique. Le catalogue de l’exposition est ainsi l’occasion d’évoquer les premiers résultats des fouilles de la DAFA à Tépé Zargaran, et en particulier la découverte des niveaux gréco-kouchans.

L’exposition « Mes Aynak – Recent Discoveries Along the Silk Road » organisée en 2011 au Musée National d’Afghanistan est l’occasion de présenter les premières découvertes de ce site fouillé depuis 2009. La DAFA apporte son soutien scientifique et technique à l’Institut National d’Archéologie pour les fouilles de Mes Aynak, étant donné les menaces d’exploitation minière pesant sur le site nécessitant une fouille de sauvetage. Dans ce cadre, deux conservateurs de la DAFA ont travaillé à la conservation et au dépôt des peintures murales de Kafiriat Tépé : celles-ci ont été transportées au Musée de Kaboul. Le commentaire scientifique du catalogue de l’exposition est rédigé par Nicolas Engel, alors secrétaire scientifique de la DAFA. 

Bibliographie

P. Cambon & J.-F. Jarrige (dir.)

2006

Afghanistan, les trésors retrouvés, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris.

N. Engel
J. Hackin, J. Carl & J. Meunié
B. Lyonnet
D. Piponnier
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