Les travaux de 1922 à 1982 - Tépé Marandjân

Le site archéologique de Tépé Marandjân se trouve à deux kilomètres au nord-est de la vieille ville de Kaboul, sur une terrasse alluviale. Les fouilles organisées en 1933 révèlent un monastère bouddhique, dont le plan rectangulaire est renforcé par des tours d’angle. Au centre se trouve un stûpa à parement de schiste, et une niche dégagée dans le mur est révèle une statue de Bodhisattva en terre crue. Outre d’autres figurines, dont une sans doute d’un donateur, la fouille permet la découverte d’un trésor monétaire sous l’escalier menant au toit-terrasse : 12 monnaies d’or et 373 monnaies d’argent sont exhumés, appartenant à la période kouchano-sassanide et sassanide.

Le dégagement des vestiges est l’occasion pour Jean Carl, qui dirige les fouilles avec Joseph Hackin, de consolider sur place la statue du Bodhisattva, laquelle menaçait de se détruire en cas de manipulation ; évidée, elle est renforcée par du plâtre et de de la filasse, ainsi qu’une armature de bois, afin de la transporter au Musée de Kaboul. La polychromie de la statue étonne les archéologues par sa fraîcheur, et J. Hackin la décrit comme étant de type gréco-indien, avec une tendance marquée à l’indianisation. Les parures comprennent un collier à cabochons et des bracelets au poignet et aux bras ; la niche est délicatement décorée de motifs floraux.

Les céramiques du site se distinguent par leurs estampilles, à motifs géométriques ou animaliers (gazelles, oiseaux, etc.), voire dans un autre cas par une tête casquée de profil. Deux d’entre elles, sensiblement sphériques, contiennent des os humains calcinés. Ces découvertes sont complétées par trois monnaies en provenance de la cour intérieure, deux de Kujula Kadphisès avec Héraclès au revers, et une dernière d’un Kouchan tardif.

Le trésor sera quant à lui réétudié par Raoul Curiel en 1953 : celui-ci estime la date d’enfouissement du trésor vers 385 sous le règne de Chapour III. De plus, l’étude des types permet d’affiner la succession des rois sassanides, ainsi que de démontrer la présence de ces monnaies au nord et au sud de l’Hindu Kush. Enfin, Gérard Fussman conclura quelques années plus tard que ce trésor est lié à un bâtiment antérieur au monastère, et sans lien avec ce dernier.

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Bibliographie

R. Curiel & D. Schlumberger

1953

Trésors monétaires d'Afghanistan, Mémoires de la DAFA XIV, Imprimerie Nationale, Paris.

G. Fussman & M. Le Berre
J. Hackin & O. Bruhl
J. Hackin, J. Carl & J. Meunié
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