Les travaux de 1922 à 1982 - Shotorak

Le monastère bouddhique de Shotorak est situé à 4 km au sud-est de Bégram, au pied du Kôh-i-Pahlavân (« la montagne du héros »). Tandis que la fouille de Bégram reprend sous la direction de Joseph Hackin, Jacques Meunié mène ses travaux à Shotorak d’avril à juin, puis en octobre et novembre 1937. Bien qu’incomplètement dégagé, le monastère comprend une vaste cour rectangulaire avec un grand stûpa avec colonnade : cette cour communique sur une cour de petits stûpas à l’est, qui elle-même présente un couloir vers le sud, sans doute le vestibule du monastère. Le site présente un nombre important de bas-reliefs, figurant des scènes des Jātakas et de la vie du Bouddha, en plus d’images (divinités, donateurs) et de motifs décoratifs. De par l’utilisation extensive du schiste, J. Meunié rapproche le monastère de Shotorak de Taxila.

J. Meunié identifie au minimum trois états successifs pour le grand stûpa, conséquence de ruines successives dues à des invasions ou pillages, le monastère étant situé sur la route de Kaboul. Mesurant 8 mètres de côté, le grand stûpa est décoré de 9 niches, contenant elles-mêmes des statues dont seuls quelques petits fragments ont été retrouvés. L’exploration de l’intérieur du stûpa livre en guise de reliquaire une jarre remplie de terre, sans doute en provenance d’un lieu saint du bouddhisme.

Les bas-reliefs de schiste semblent avoir, au moins pour partie, été sculptés sur place, en raison de la proximité immédiate du matériau, et de la découverte d’un outil de sculpteur en fer, ainsi que d’une ébauche de Bouddha debout. Parmi les Jātakas, la légende de Dīpaṅkara Jātaka jouit d’un certain succès, étant représentée pas moins de six fois. J. Meunié note l’absence de femmes dans les scènes de la vie du Bouddha, et s’étonne aussi de celle de Vajrapāṇi, présent que sur une unique scène.

La cour située à l’est du grand stûpa se distingue par un siège aux lions découvert dans l’angle nord-ouest : ces lions se retrouvent de part et d’autre du siège, ainsi que sur des supports de marche. La contremarche du siège est également décorée de deux personnages nus, des jeunes éphèbes ou des danseurs. Parmi les monnaies découvertes, une seule est clairement identifiable et appartient à Eucratide I ; bien que non publiée, il pourrait s’agir d’une série posthume.

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Bibliographie

G. Fussman, avec la collaboration de B. Murad et E. Ollivier

2008

Monuments bouddhiques de la région de Caboul, Publications de l’Institut de Civilisation Indienne du Collège de France, de Boccard, Paris.

J. Meunié
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