Les travaux de 1922 à 1982 - Shahr-i-Zohak

La forteresse de Shahr-i-Zohak (la « forteresse de Zohak », surnommée la « ville rouge ») se situe dans la vallée de Bâmiyân, et est divisée en deux parties : une forteresse haute et une forteresse basse. Les deux parties sont séparées par un puissant ouvrage défensif, et il ne semble pas avoir existé de communication ancienne entre elles. La forteresse haute est composée de trois enceintes parallèles, dont les tours sont reliées par des courtines. La forteresse basse se caractérise par trois ensembles défensifs postérieurs aux deux tours occidentales et orientales : ces blocs font l’objet d’études architecturales détaillées par Marc Le Berre dans le cadre de ses recherches et relevés de monuments de l’Hindu Kush central à partir de 1958. Cette forteresse a également fait l’objet de fouilles par Paul Bernard en 1966, qui confie la publication de ses résultats à M. Le Berre.

La fouille de l’été 1966 se donne comme objectif de préciser le plus possible la nature et la date des ruines de Shahr-i-Zohak. Les recherches se concentrent dès lors sur une partie des remparts (tour M et pièce O), puis sur une pièce indépendante carrée d’un des trois blocs défensifs. P. Bernard parvient ainsi à identifier l’entrée de la forteresse basse dans la pièce O, qui comporte deux portes en vis-à-vis. La découverte de trois textes en kharoshthi traitant de médecine permet de fournir au site un terminus ante quem aux vie et viie siècles. Les manuscrits, dont la datation se fonde sur le type d’écriture et le contexte archéologique, sont écrits sur des feuilles de palmier et contiennent des recettes de médicaments, pâtes et poudres, à base de produits végétaux et/ou animaux.

Les tours des trois blocs défensifs de la forteresse basse étaient toutes couvertes par des coupoles, et on y accédait par des portes ainsi que des escaliers. Dans l’une des pièces des blocs défensifs, un puits avait été creusé, dont le chemin d’accès extérieur était sans doute protégé par le fortin M qui se situe sur un promontoire. La céramique recueillie permet également d’attester une occupation post-timouride. M. Le Berre estime que la Forteresse haute est la plus ancienne et que ce n’est qu’après l’abandon de celle-ci que la Forteresse basse a un rôle effectif. Ces constructions appartiennent à la même époque préislamique, celle-ci se prolongeant sur un laps de temps assez long, la forteresse étant réoccupée à la période islamique.

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Bibliographie

M. Le Berre, avec la collaboration de H. Marchal et une contribution de J.-C. Gardin et B. Lyonnet

1987

Monuments pré-islamiques de l’Hindu-Kush central, Mémoires de la DAFA XXIV, Éditions Recherches sur les Civilisations, Paris.

B. Pauly
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