Les travaux de 1922 à 1982 - Région du Seistan afghan

La région du Séïstan afghan, située au sud-ouest de l’Afghanistan et aujourd’hui désertique, fait l’objet d’octobre à décembre 1936 d’une vaste campagne de recherches archéologiques par la DAFA. Cinq personnes composent alors l’équipe : Joseph Hackin, Ria Hackin, Jean Carl, Jean Meunié et Roman Ghirshman. R. Ghirshman est désigné pour mener des sondages sur le tépé de Sorkh-Dagh (la « colline rouge ») dans la région de Nad-i-Ali, au nord-ouest du Séïstan, durant six semaines. Les autres se dirigent vers la région du Tar-o-Sar où ils séjournent durant un mois, fouillant essentiellement la citadelle. Puis ils effectuent une reconnaissance en direction du nord-est, vers l’ensemble ruiné de Palengi.

Les fouilles menées par R. Ghirshman amorcent un changement dans le champ des interventions de la DAFA, puisqu’il s’agit du premier chantier de recherches préhistoriques qu’elle mène. Le sondage, ouvert sur la partie ouest du tépé, descend par paliers de 2 à 2,50 mètres de hauteur pour atteindre une profondeur de 12,50 mètres. R. Ghirshman identifie deux périodes, toutes deux appartenant au Ier millénaire avant notre ère ; la couche supérieure révèle un bâtiment principal dont les murs extérieurs sont composés de briques crues, avec une jarre enterrée jusqu’au col à côté de l’entrée ; la couche inférieure, dont les vestiges sont moins bien conservés, livre en particulier des briques peintes en blanc et bleu qui formaient les parois intérieures des chambres. Ce niveau pourrait représenter une installation achéménide. La céramique présente d’importantes variations de formes et de couleurs, plus particulièrement dans les couches supérieures. Certaines de ces conclusions seront reprises par George F. Dales, puis par Roland Besenval et Henri-Paul Francfort dans leurs études respectives du site.

Les recherches menées par l’équipe de J. Hackin sur la citadelle de Tar-o-Sar révèlent un plan général d’origine sassanide, sous les vestiges qui datent de la période islamique. Plusieurs sondages permettent d’identifier du matériel céramique et de l’architecture correspondant à cette première période.

Les archéologues français étendent leur reconnaissance vers le nord jusqu’à Chakansurak, mais les conditions climatiques de la région, peu propices à la conservation des vestiges (le vent y souffle de juin à septembre jusqu’à 200 km par heure), compromettent les résultats scientifiques de la mission qui se limitent à du repérage, rappelant cruellement le propre échec de Jules Barthoux dans la même région en 1931.

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Bibliographie

R. Besenval & H.-P. Francfort

1994

« The Nad-i Ali "Surkh Dagh": A Bronze Age monumental platform in Central Asia? », in J. M. Kenoyer (dir.), From Sumer to Meluhha: Contributions to the Archaeology of South and West Asia in Memory of George F. Dales, Jr., Wisconsin Archaeological Reports vol. 3, Prehistory Press, Madison.

G. F. Dales
R. Ghirshman
J. Hackin, J. Carl & J. Meunié
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