Les travaux de 1922 à 1982 - Haḍḍa

Le site gréco-bouddhique de Haḍḍa se situe dans la province de Nangarhâr, à 10 km au sud de Jalalabad. Après quelques sondages effectués par André Godard en mars 1923, qui révèlent une vingtaine de stûpas, les fouilles se déroulent lors de trois campagnes sous la direction de Jules Barthoux, de février 1926 à avril 1928, à raison de deux ou trois mois de travail chaque année. En arrivant sur le site, celui-ci constate que les monuments dégagés par A. Godard ont été vandalisés, voire détruits. J. Barthoux fouille les vestiges de deux monastères, mais décide rapidement de s’intéresser aux stûpas, dont il détaille les nombreuses variations de chapiteaux des pilastres, de décoration, de forme, etc. Les stûpas sont rarement composés de briques crues, mais plutôt de dalles de schiste et de pierres de taille.

La documentation est particulièrement riche : ce sont plusieurs centaines de stûpas qui sont mis au jour sur les différents sites (Tapa-Kalan, Tapa-i-Kafarihâ, Bâgh-Ghaï, Chakhil-i-Ghoundi, Pratès, Gar-Naô, et Deh Ghoundi). La sculpture est abondamment présente sur le site, et nécessite la publication d’un volume spécifique. Les têtes de Bouddha, de figurines, de démons, de guerriers se trouvent par centaines. Les styles multiples, tantôt idéalisés, tantôt réalistes, amènent J. Barthoux à la conclusion que Haḍḍa devait constituer une sorte de carrefour des techniques et conceptions esthétiques de l’époque.

Malgré les magnifiques découvertes livrées par le site, J. Barthoux travaille seul et dans des conditions particulièrement éprouvantes : il doit gérer un grand nombre d’équipes de fouilleurs (200 ouvriers répartis en 30 équipes), superviser les chantiers, réaliser les dessins, les plans et les photographies. En juin 1928, après trois ans de travail intensif sur le terrain, J. Barthoux rentre en France pour publier ses résultats et pour lever des fonds en vue d’une quatrième campagne de fouilles, mais ses mauvaises relations avec ses supérieurs contrarient la réalisation du projet. À sa suite, Bruno Dagens conduit une étude des fragments de sculpture, inédite, tandis qu’à partir de 1966 le site est à nouveau fouillé mais par les archéologues afghans formés en Europe (C. Moustamindy et Z. Tarzi) : les recherches se focalisent alors sur le monastère de Tapa-é-Shotor, et font l’objet d’une thèse de doctorat encore inédite.

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Bibliographie

J. Barthoux

1930

Les fouilles de Hadda. III. Figures et figurines, album photographique, Mémoires de la DAFA VI, Éditions G. van Oest, Paris et Bruxelles.

1933

Les fouilles de Hadda. Stûpas et sites, texte et dessins, Mémoires de la DAFA IV, Les Éditions d’Art et d’Histoire, Paris.

B. Dagens, M. Le Berre, D. Schlumberger
Z. Tarzi
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