Les travaux de 1922 à 1982 - Bactres

Bactres, « Mère des Cités », mentionnée à plusieurs reprises dans les sources classiques, est dès 1922 et la fondation de la DAFA l’une des priorités des autorités scientifiques françaises. Les fouilles commencent dès janvier 1924, et se poursuivent jusqu’en juillet 1925, dans des conditions matérielles difficiles. Avant même le début des opérations archéologiques, Alfred Foucher est frustré par l’absence d’architecture monumentale en pierre, et regrette la nature du terrain qui facilite la disparition des briques crues : l’argile dégagée durcit au soleil et devient visqueuse avec la pluie. La lenteur des ouvriers transportant la terre dégagée l’exaspère. Le choix stratégique d’A. Foucher sur la zone à fouiller se révèle être peu judicieux.

Après avoir décrit les vestiges des périodes musulmane (mosquée, hammam souterrain, etc.) et bouddhique (principalement des stûpas), A. Foucher délaisse les tertres centraux dont le déblayage prendrait trop de temps, en particulier celui du « Teppeh-Zargarân » (le « Tertre des Orfèvres »), et s’attaque au Tôp-é-Rustam, stûpa d’environ 30 mètres de diamètre, dont il dégage le parement de briques crues et les pilastres de la base : l’étude des vestiges lui permet de proposer un essai de reconstitution de l’élévation.

À partir de novembre 1924 et jusqu’en mai 1925, A. Foucher consacre ses efforts à la fouille de l’Arg, c’est-à-dire l’extrémité sud du Bala Hissar. Le déblaiement du seraï livre des vestiges de la période musulmane en surface, mais A. Foucher dégage également des briques qui, par leurs dimensions, sont plus anciennes (sassanides ?). Les résultats attendus sont cependant bien maigres, y compris dans le sondage de 20 m de long et 6 m de profondeur entrepris sur la partie ouest de l’Arg, qui ne livre que de la terre mêlée de cendre et de plâtre. A. Foucher quitte le site de Bactres sur la même impression qui était la sienne en mars 1924 : la Bactres grecque est un mirage.

Les fouilles sont reprises sous la direction de Daniel Schlumberger, qui en mentionne l’utilité aussi bien que les difficultés dès 1944, en vue de dégager des vestiges proprement grecs. Trois campagnes sont ainsi organisées en 1947 et 1948 : 59 sondages sont effectués sur le Tépé Zargaran, le Bala Hissar, la région de la porte sud et le centre, mais l’immense majorité de ceux-ci sont envahis par la nappe phréatique et ne donnent rien. En l’absence de véritable typologie, un seul tesson incontestablement grec est découvert. Néanmoins, l’étude de la céramique par Jean-Claude Gardin permet de dresser un premier corpus synthétique, tandis que l’observation des remparts de Bactres par Marc Le Berre et D. Schlumberger conduit à une étude de l’urbanisation du site dans ses différentes extensions.

Galerie d'images

Bibliographie

B. Dagens, M. Le Berre, D. Schlumberger

1964

Monuments préislamiques d’Afghanistan, Mémoires de la DAFA XIX, Librairie C. Klincksieck, Paris.

A. Foucher
J.-C. Gardin
D. Schlumberger
DAFA © 2017 All Rights Reserved | Designed & Developed By - DAFA