Les travaux de 1922 à 1982 - Aï Khanoum

Le site archéologique d’Aï Khanoum (la « Dame Lune ») se situe au confluent du fleuve Amou-Daria et de la rivière Kokcha. D’une superficie de près de 200 hectares, le site est repéré par Jules Barthoux dès 1926 mais tombe dans l’oubli, puis est redécouvert par le roi d’Afghanistan Zaher Shah en 1961, qui en informe la DAFA. C’est le point de départ de seize campagnes de fouilles réparties sur treize années, de 1965 à 1978, soit la plus longue fouille française menée en Afghanistan. Les vestiges et les matériels mis au jour révèlent une ville au caractère hellénistique certain (palais, temple, gymnase, céramique, monnaies, etc.) mais avec de fortes influences orientales : ces travaux feront l’objet de multiples publications. Grâce à la fouille d’Aï Khanoum, la présence grecque en Asie Centrale, cherchée par les archéologues français depuis 1922, est enfin avérée.

Si la date de fondation (achéménide ? séleucide ?) de la ville pose encore problème (seul le fondateur, Kinéas, est connu), la destruction d’Aï Khanoum intervient vers 145 avant J.-C., au moment de l’assassinat du roi gréco-bactrien Eucratide I et de l’arrivée de nomades Yuezhi en provenance de Chine occidentale. Les découvertes sont exceptionnellement riches : des inscriptions attestant de liens avec la Grèce, des lingots et flans monétaires vierges indiquant la présence d’un atelier monétaire, des sculptures et statuettes de style hellénistique, la plaque en argent doré de Cybèle, etc. Le site, très bien documenté, vient dès lors concurrencer Bactres, capitale de la Bactriane ville qui n’a toujours pas livré ses secrets et dont l’importance fait l’objet de nombreuses hypothèses.

À partir de 1974, alors que les fouilles d’Aï Khanoum durent depuis dix ans, la prospection de la plaine de Dasht-i-Qala qui entoure la ville est organisée par une équipe composée de Jean-Claude Gardin, Pierre Gentelle et Bertille Lyonnet. Les recherches, publiées dans le cadre de la Mission Archéologique Française en Asie Centrale (MAFAC), se concentrent sur la localisation des sites et des canaux d’irrigation durant trois campagnes, de 1974 à 1976. Leurs observations démontrent que l’occupation de la plaine commence à l’époque grecque, mais ne présente pas de hiatus avec les nomades responsables de leur départ. La prospection s’oriente par la suite sur les régions de Taluqan, Khanabad, la basse vallée de Kunduz et la plaine d’Imam Sahib. La DAFA, quant à elle, consacre neuf volumes au site d’Aï Khanoum, dans la collection des Mémoires de la DAFA.

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Bibliographie

P. Bernard (sous la direction de)

1973

Fouilles d'Aï Khanoum I (campagnes 1965, 1966, 1967, 1968), Mémoires de la DAFA XXI, Éditions Klincksieck, Paris

P. Bernard
H.-P. Francfort
J.-C. Gardin
- P. Gentelle
O. Guillaume
O. Guillaume & A. Rougeulle
G. Lecuyot (sous la direction de)
G. Lecuyot, avec des contributions de P. Bernard, H.-P. Francfort, B. Lyonnet et L. Martinez-Sève
P. Leriche
B. Lyonnet
C. Rapin
S. Veuve
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