Shahr-e Gholghola, Bâmiyân

Le site de Shahr-e Gholghola est traditionnellement considéré comme la capitale islamique des territoires de Bâmiyân. Il s’agit d’une ville occupant une colline naturelle culminant à plus de 2600 m d’altitude au centre de la vallée de Bâmiyân. Elle est divisée en de multiples quartiers séparés les uns des autres par des remparts.

Dans le cadre de la mise en valeur du patrimoine de la vallée de Bâmiyân, l’UNESCO a sollicité l’expertise de la DAFA afin de réaliser des sondages et des fouilles en amont du travail de restauration entrepris par l’équipe d’ICOMOS Allemagne. Ces travaux visent d’une part à préparer et guider les restaurations à venir et d’autre part à permettre une meilleure compréhension de ce site face à l'histoire de la vallée.

Une première mission d’évaluation sur le terrain en 2013 a permis de comprendre l’organisation générale du site et le mode de construction en terrasse de la cité. Elle se compose en effet d’une succession de terrasses sous lesquelles sont creusées des caves servant vraisemblablement d’entrepôts, de citernes, voire d’habitats. Différents types de bâtiments sont construits sur les terrasses s'adaptant à la topographie, parfois maintenus par des murs de soutènement. Les aménagements urbains se sont de cette façon adaptés aussi bien aux importants dénivelés qu’aux fréquents glissements de terrain.

Des sondages et des fouilles archéologiques ont été entrepris en 2014 dans cinq secteurs du quartier Ouest de la ville. Ils ont permis une meilleure compréhension de l’organisation de ce quartier centré autour d’une rue principale installée sur une terrasse, autour de laquelle sont agencés des bâtiments servant d’entrepôts et au-dessus desquels un grand ensemble résidentiel surplombe la vallée. Cet ensemble se divise en plusieurs groupes de pièces centrés sur des petites cours à 4 îwâns. Un rempart de 2 m d’épaisseur, largement détruit, reliait plusieurs tours et protégeait l’ensemble du quartier.

Une nouvelle mission réalisée en 2015 poursuivait trois objectifs. Le premier était de faire un relevé des structures du quartier Ouest du site de Shahr-e Gholghola, afin de mieux comprendre son organisation spatiale et d’en proposer la restitution. Le second était l’inventaire et l’étude du matériel céramique collecté durant les restaurations du quartier. Le matériel le plus ancien peut être daté du Xème siècle, mais comme l’indiquait J.-C. Gardin en 1957, la grande majorité doit être attribuée à la fin du XIIème et au début du XIIIème siècle.

De nouvelles fouilles sur les parties hautes du site, épargnées par les glissements de terrain, sont programmées pour affiner et vérifier les datations en cours, mieux comprendre l'occupation de ce grand centre urbain avant et après le passage de Gengis khan au XIIIème siècle de notre ère. 

Bibliographie

GARDIN (J.-C.)

1957

"Poteries de Bamiyan", in Ars Orientalis, vol. 2, p. 227-245.

DAFA © 2017 All Rights Reserved | Designed & Developed By - DAFA