Mosallâ, Hérat

Devenue en 1405 la seconde capitale de l’empire timouride sous le règne de Shâh Rokh, fils et successeur de Timur, la cité de Hérat, située dans l’Ouest de l’Afghanistan, connaît un développement culturel particulièrement remarquable au cours des règnes de Shâh Rokh (1405-1447) puis de Soltân Hosayn Bâyqarâ (1470-1506). Les monuments du « Mosallâ » constituent un excellent témoignage de l’importance de ce mécénat timouride à Hérat.

Des campagnes de sondages, prospections et d’études du matériel archéologique du complexe du Mosallâ ont été menées, depuis 2014, par la direction de la DAFA à la demande de l’UNESCO et les services patrimoniaux d'Hérat. Ce projet de recherche a aussi participé à la formation de jeunes archéologues afghans à la fois sur le terrain et lors du traitement du matériel post-fouille.

La zone dite du « Mosallâ » rassemble les vestiges de deux prestigieuses fondations timourides : le complexe de Gawhar Shad vers 1417-1437, qui se compose d’une Masjed-e Jâme‘ et d’une madrasa funéraire, et la madrasa de Soltân Ḥosayn Bâyqarâ, construite plus d’un demi-siècle plus tard vers 1492-1493, au Nord du premier ensemble. Les deux complexes sont séparés par le canal Enjil - qui traverse également la madrasa de Soltân Hosayn Bâyqarâ - et joints par un pont (Pol-e Enjil).

Le musée national d’Hérat, situé dans la citadelle Ekhtyâroddin, conserve aujourd’hui les nombreux fragments de décors en céramique provenant des structures dites du « Mosallâ». Ces fragments avaient été ramassés au cours du XXème siècle dans les décombres des complexes de Gawhâr Shad et de Soltân Hosayn Bâyqarâ. Récemment, ces milliers de fragments de revêtement ont été rapportés à la citadelle. L’objectif de la présente mission était donc d’enregistrer ce matériel et de le reconditionner dans des caisses afin d’en améliorer les conditions de conservation et d’en faciliter l’étude. Un ensemble de plus de 11300 tessons de céramique et 11 fragments de décors en stuc sculpté ont été classés, photographiés et enregistrés dans une base de données.

Les fouilles étaient destinées, quant à elles, à s’assurer que la construction d’un nouveau mur d’enceinte autour de la madrasa ne risquait pas d’endommager des structures archéologiques tout en offrant la possibilité de mieux comprendre les phases d’occupation et l’aménagement du site. Neuf sondages ont permis de mettre en lumière la réoccupation de la zone située à l’Est de la mosquée. Une rapide campagne de micro-topographie (avec un point pris tous les 1 à 3 m) a été entreprise du côté Est de la madrasa. L’étude de l’élévation du micro-relief fait apparaître les traces des structures qui se trouvaient en avant de la madrasa.

L’une des difficultés majeures de cette intervention a été la présence possible de mines puisque ce site était un champ de bataille durant la guerre civile. La DAFA et l’UNESCO ont donc travaillé en partenariat avec un organisme spécialisé dans le déminage pour sécuriser les zones fouillées. Ce partenariat a également été l’occasion de mettre en place un protocole pour déminer l’ensemble du site tout préservant les vestiges archéologiques et l’intégrité de la stratigraphie dans les zones clés du site.

Cette mission a été suivie par un journaliste de RFI basé à Kaboul, Joël Bronner, qui réalisé à cette occasion un « Grand Reportage » sur la DAFA diffusé en janvier 2016.

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