Monuments bouddhiques de la région de Kaboul

En 2012, la DAFA a entrepris une campagne de documentation photographique des sites bouddhiques accessibles de la région de Kaboul dans la mesure où leur protection sur le long terme reste délicate.

Les sites de Top Dara et Kûrrindar ont ainsi été photographiés afin de pouvoir proposer des restitutions en trois dimensions de ces monuments, tandis que les sites de Tepe Nârenj et Qol-e Tut ont été fouillés par Zafar Païman avec une aide financière et scientifique de la DAFA. L’un des enjeux de cette fouille est une meilleure connaissance de l’histoire et de l’art du bouddhisme dans la région de Kaboul face aux pillages et destructions de nombreux sites.

Le site de Tepe Nârenj ou "colline des orangers" se situe sur un éperon rocheux dans les faubourgs Sud de Kaboul, à 1750 m du Bala Hissar et au Nord du sanctuaire chiite de la Ziyârat-e Panjeshâh. Ce vaste site de 4 ha se compose d’un ensemble de monastères bouddhiques rattachés fonctionnellement, stylistiquement et chronologiquement aux monuments connus dans la région de Kaboul (Tepe Marandjân, Guldara, etc.). Ce complexe bouddhique daté entre le VIème siècle et la fin du Xème siècle de notre ère occupait autrefois une position stratégique sur l’ancienne route commerciale reliant l’Afghanistan et l’Inde. La fouille a été financée en 2004 par la DAFA qui a également apporté son aide scientifique et technique en 2011 et 2012 afin de protéger le site.

Le site de Qol-e-Tut domine un cimetière historique au pied de Kuh-e Zamburak au Sud de la vieille ville de Kaboul. Il se trouve à environ 1,5 km de la citadelle médiévale du Bala Hissar et à 400 m au Nord du site de Tepe Nârenj. Initiée en 2013, la fouille bénéficie d’un soutien financier et logistique de la DAFA et du SCAC de l’Ambassade de France en Afghanistan depuis 2015. Ce monastère, qui a fonctionné durant une période de cinq siècles, constitue une véritable mine d’informations. L’étude des vestiges matériels permet aujourd’hui de mieux comprendre la fonction des différents espaces du monastère et de caractériser ses phases d’occupation. La province de Kaboul était un foyer religieux et artistique sous le règne des Hephtalites possédant sa propre école dès le Vème siècle dont les sculptures en argile stuquée découvertes sont le témoignage. Ce grand site monastique jouissait donc d’une importance artistique avant l’installation des musulmans dont on ne semble mesurer l’importance sur la culture matérielle qu’à partir des XIIème et XIIIème siècles.

La conservation du patrimoine afghan dans l’aménagement économique et culturel du territoire constitue un autre axe de recherche important développé sur le site. Une opération de protection des chapelles et la consolidation des éléments architecturaux tels que les murs en pierre, les banquettes et la grotte a été engagée. La réalisation de cette fouille, dans une zone en cours d’urbanisation où les maisons sont construites illégalement, vise aussi à sensibiliser les habitants à l’importance de leur patrimoine archéologique. La création d’un musée de site pourrait être envisagée notamment en prenant en considération toute la zone archéologique voisine du Tepe Nârenj.

Enfin, ce chantier contribue à la formation des jeunes archéologues locaux mais aussi des étudiants en archéologie de l’Université de Kaboul.

DAFA © 2017 All Rights Reserved | Designed & Developed By - DAFA