MAFAB, Bâmiyân

La Mission Archéologique Franco-Afghane de Bâmiyân (MAFAB) s’articule autour d’un projet de recherche dirigé par Thomas Lorain (DAFA) et centré sur l’occupation islamique des vallées de Bâmiyân, des invasions arabes à la chute des Timourides.

La MAFAB bénéficie d’un financement de la Commission consultative des fouilles archéologiques à l’étranger du MAEDI et d’un soutien scientifique, logistique, technique et institutionnel de la DAFA. La première phase du projet, démarrée en 2015, a consisté en une prospection des sites archéologiques et des monuments islamiques des vallées de Bâmiyân avec un accent porté sur l’architecture funéraire et en particulier sur les mausolées du site de Khwâja Sabz Push.

Si Bâmiyân est avant tout connu à travers le monde pour ses vestiges de la période bouddhique, la MAFAB a pris le parti de s’intéresser à une partie de son histoire moins connue : la période Islamique. A travers ses missions de terrain et l’étude du matériel, elle aborde plusieurs problématiques qui en s’appuyant sur l’exemple des vallées de Bâmiyân touchent l’ensemble des territoires afghans à la période Médiévale. Ainsi la question de la lente islamisation de la région, vraisemblablement entre les VIIIème et Xème siècle est posée : à partir de quand peut-on réellement parler de culture islamique dans la région ? Du point de vue des artefacts ou de l’architecture, comment cette transition peut-elle être caractérisée ? Où peut-on trouver les influences qui ont conduit à cette « nouvelle culture matérielle » (survivance du passé, introduction de nouvelles formes exogènes, …) ?

Centre de pouvoir, mais aussi centre de commerce, Bâmiyân se trouvait durant le Moyen-Age au croisement de plusieurs routes reliant notamment l’Inde, la Chine, l’Iran et l’Asie centrale. Cet emplacement stratégique a participé à la richesse de la ville et de ses vallées, permettant également la communication de formes et de techniques et marquant amplement l’art et l’artisanat local.

Le projet vise également à mieux comprendre l’organisation spatiale d’un ensemble assez clos de petites vallées aboutissants à la vallée principale de Bâmiyân. Cette situation géographique particulière a profondément marqué le paysage urbain et défensif de la région. L’étude de son fonctionnement, confrontée aux différentes évolutions politiques, économiques et sociales qui ont marqué les huit siècles d’occupation sera également abordée.

Une première mission entreprise sur le site de Khwâja Sabz Push visait à étudier le mobilier archéologique découvert durant la restauration de ses mausolées par l’équipe d’ICOMOS mandatée par l’UNESCO. Parmi ce mobilier, un important ensemble de manuscrits et d’imprimés (corans, textes profanes, talismans, reconnaissances de dettes, rédigées en dari, pashto ou arabe) qui était enterré dans des mausolées a été enregistré. Si une majorité de ce matériel semble récent, certains éléments pourraient remonter au XIVème ou XVème siècle. Ce matériel a été soigneusement photographié et conservé, et devrait faire l’objet d’une étude plus approfondie. En outre, des fragments de décors et d’inscriptions en stucs ont également été enregistrés, photographiés et conditionnés en attendant une possible restauration et peut-être leur exposition dans le futur centre culturel de Bâmiyân. Leur analyse stylistique semble les rapprocher d’éléments comparables datés des XIIème et XIIIème siècle. Enfin, les restaurateurs ont également mis au jour plusieurs tessons de céramique qui, bien que hors contexte archéologique, sont parfaitement associables aux types trouvés sur le site de Shahr-e Gholghola.

Une nouvelle mission de la MAFAB menée avec les jeunes archéologues afghans de la DAFA a permis de réaliser des relevés architecturaux des mausolées les plus importants des vallées de Bâmiyân : Khwâja Sabz Push, Mir Hâshem Dawband, Yaka Darakht et Mir Said ‘Ali Yahsu. Cette mission a été pour les archéologues afghans l’occasion d’apprendre les rudiments du relevé architectural et de la mise au net de ces relevés, une formation dont une partie des étudiants de la faculté d’archéologie de l’Université de Bâmiyân a également pu profiter.

Les travaux de la MAFAB se poursuivent avec l’ouverture de sondages sur différentes zones des vallées de Bâmiyân et le relevé architectural de nouvelles structures anciennes encore trop peu connues au regard de leur importance pour l’histoire des périodes islamiques en l’Afghanistan.

Bibliographie

DUPREE (N.)

1967

The Valley of Bamiyan, Afghan Tourist Organization, Kaboul.

GARDIN (J.-C.)
LE BERRE (M.)
SCARCIA (G.)
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