Kohandez, Hérat

Les nombreux aménagements modernes du centre historique de la ville d’Hérat, située à l’Ouest de l’Afghanistan, constituaient une lourde menace sur son potentiel archéologique. Ce contexte local avec un urbanisation sauvage a conduit la DAFA, en partenariat avec une équipe du Deutsches Archäologisches Institut (DAI) dirigée par Ute Franke-Vogt, à mettre en place une surveillance archéologique permettant de suivre les travaux de terrassement et à s’assurer de la non destruction sans enregistrement, de la protection et de l’étude des données historico-archéologiques qui pouvaient en être extraites.

Au cours d’une mission conduite en collaboration avec l’Aga Khan Trust for Culture (AKTC), une dizaine de chantiers de construction ont été inspectés dans la vieille ville permettant de déterminer que, hormis les deux tépés anciens, la zone présentant la plus forte stratification archéologique est celle de la vieille ville comprise dans la zone limitée par les remparts. On peut d’ores et déjà estimer à 8 m en moyenne l’épaisseur de la stratification archéologique, les trois mètres supérieurs datant de la période islamique (au plus tôt timouride).

Il a été également constaté qu’il restait très peu d’endroits pour observer les fortifications et que, à la vitesse à laquelle se font les aménagements dans cette partie de la ville, il n’en resterait à très court terme plus aucune trace en élévation.

Au Qalaʻ Ekhtyâroddin, la découverte faite en 2007 de niveaux « achéménides » a été confirmée lors des sondages, même si la nature exacte des occupations rencontrées reste encore imprécise. L’équipe allemande a par ailleurs poursuivi le dégagement des états timourides de la porte Nord de la fortification.

Dans le cadre du programme franco-allemand d’étude du site ancien de Hérat, une opération a été menée sur un des tépés anciens, le Kohandez. Ainsi, en 2008, la séquence stratigraphique de la partie de ce site accessible aux recherches a pu être étudiée. Un sondage de 5x5 m de côté a été réalisé sur une profondeur de 3 m. Dans le premier mètre sont apparus des tessons associés à un matériel varié correspondant à des épandages de déchets urbains contemporains. Cette première couche purgée, le matériel qui a été recueilli en stratigraphie jusqu’au niveau des sables et graviers géologiques est exclusivement « achéménide » avec toutefois quelques perturbations dues à des puits ou des fosses à détritus islamiques. Les restes de constructions en briques crues associées à période ancienne ont été observés, sans qu’il soit encore possible d’analyser l’organisation et la fonction de ces structures, compte-tenu du caractère réduit de ce sondage.

Le sondage au Qalaʻ Ekhtyâroddin apporte lui un deuxième jalon pour connaître les occupations pré-hellénistiques du site ancien de Hérat. La qualité et l’abondance du matériel céramique provenant des fouilles du Kohandez laissent augurer des perspectives très prometteuses pour des études futures. Mais la situation dans la vieille ville de Hérat s’avère de plus en plus préoccupante du point de vue de l’archéologie. Les mises en chantier et constructions sont loin de décroître et avec elles des destructions irrémédiables du patrimoine archéologique qu’il aurait été pourtant facile de limiter voire même d’éviter. Plus que jamais l’urgence d’un vaste plan de sauvegarde du potentiel archéologique hérati est manifeste. 

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