Remparts de Balkh

Dès 2005, la DAFA a repris l'étude des murailles de Balkh. Le but principal de ce programme était de préciser la chronologie des différentes phases de construction de cet ensemble de murailles.

Quelques études avaient déjà été conduites sur ces remparts. La première avait été menée en novembre 1955 puis en mai-juin 1956 par l’architecte Marc Le Berre et le directeur adjoint de la DAFA André Maricq. Elle donnera lieu à une publication dans le tome XIX des Mémoires de la DAFA. L’observation des remparts reste cependant superficielle puisque seules les parties en élévation sont étudiées. La seconde étude est celle de Rodney S. Young publiée en 1955, mais trop limitée dans l’espace.

Une nouvelle étude approfondie est donc conduite sur cinq zones différentes de façon à rassembler de nombreuses données tant architecturales que stratigraphiques permettant de proposer une nouvelle histoire des murailles urbaines.

L'un des principaux enseignements de ces différentes campagnes d'étude a été de montrer que la réalité archéologique était beaucoup plus complexe que ce qu'avaient pu suggérer les études antérieures. Ainsi, s'il était possible d'établir une séquence chronologique pour un secteur à partir essentiellement d'observations stratigraphiques, l'extrapolation de ces résultats à d'autres secteurs du rempart devait être faite avec prudence. Le séduisant schéma d'un agrandissement progressif du tracé de l'enceinte urbaine est dès lors à reconsidérer. De même faut-il vraisemblablement revoir l’hypothèse selon laquelle les éléments de rempart que nous voyons actuellement puissent constituer son extension maximale. La fonction même de certaines portions de l'actuel rempart pourrait avoir été autre que défensive, tout au moins à l'origine.

Le deuxième objectif de ce programme de recherche est de proposer un plan de protection. La densification des constructions dans l'espace délimité par les remparts, la progression des zones cultivées sur les zones laissées en pâturages ou en friche à leur périphérie extérieure immédiate, et les changements opérés dans le tracé des réseaux d'irrigation constituent autant de menaces pour leur conservation. L'étude des constructions existantes, celle du parcellaire et les résultats des fouilles fournissent des données essentielles pour définir ce que pourrait être un périmètre de protection, une étape primordiale avant de pouvoir mettre en place un programme de restauration et de conservation. En 2013, la cartographie existante a été affinée en utilisant des photos satellite d’une définition de 20 cm pour un pixel révélant des détails de la topographie ancienne des murs jusqu’à présent non repérés, particulièrement dans les parcelles privées dans lesquelles l’accès est impossible.

Bibliographie

DAGUENS (B.), LE BERRE (M.), SCHLUMBERGER (D.)

1964

Monuments préislamiques d’Afghanistan, Mémoires de la Délégation Archéologique Française en Afghanistan, Tome XIX, Paris, Éditions d’Art et d’Histoire, p. 66-104.

YOUNG (R.)
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