Mosquée Noh Gonbad (Hâji Piyâda)

La mosquée de Noh Gonbad est un des plus remarquables monuments de l'Oasis de Bactres, située à 3,8 km au Sud-Ouest du centre de la ville neuve de Balkh. Datée entre la toute fin du VIIIème siècle et la première moitié du IXème siècle de notre ère, elle est le témoignage exceptionnel de l’extension du pouvoir abbasside vers les territoires orientaux. Elle serait non seulement la mosquée la plus ancienne conservée en Afghanistan mais également l’un des plus anciens bâtiments du monde islamique conservé dans sa forme d’origine.

La redécouverte de la mosquée date des années 1960. Passée inaperçue lors des missions archéologiques entreprises au Nord de l’Afghanistan, les premiers travaux scientifiques qui se rattachent à l’étude de ce monument sont ceux de G. A. Pougatchenkova (1968), L. Golombek (1969) et S. Melikian-Chirvani (1969).

Dès 2003, à la demande des autorités afghanes, la DAFA s'est impliquée dans l'étude et la protection de la mosquée de Noh Gonbad. Des sondages furent d’abord menées par Ch. Adle. La mosquée est construite sur un plan carré et la salle intérieure est divisée en neuf espaces carrés, séparés par des piliers supportant des arcs sur lesquels reposaient neuf coupoles (d’où son appellation de Noh Gonbad). Cette première étude archéologique montre que le côté Nord-Est du bâtiment devait être ouvert vers l’extérieur et que le sol original de l’édifice est atteint.

Parallèlement à ces recherches, différentes dispositions ont été menées afin de protéger le monument. La restauration de la toiture et l’installation d’un paravent provisoire en géotextile sur les parties Ouest et Nord des constructions anciennes ont été réalisées en 2005. Une opération de relevés lasérométriques a ensuite été menée en 2006 et 2007 par la société Art Graphique & Patrimoine. L’objectif était d’enregistrer avec précision la totalité des éléments constitutifs du monument en vue d’une intervention ultérieure visant à renforcer la structure de la mosquée menaçant de s’effondrer. En 2008, les travaux ont consisté à mettre en place un système d’échafaudage de soutien autour des deux arches centrales sous le contrôle de l’ingénieur et architecte Ugo Tonietti et le restaurateur Daniel Ibled.

Depuis 2010, la DAFA s’est associée à l’Aga Khan Trust for Culture (AKTC) qui a repris les travaux de conservation et de restauration de l’édifice. Une protection globale du monument et un suivi précis de l’évolution structurelle des éléments d’architecture sont les meilleures réponses apportées à la gestion de ce monument historique.

Depuis 2014, la DAFA a repris les fouilles archéologiques dans et autour de l’édifice afin de mieux comprendre le monument, son implantation et les multiples structures, notamment funéraires qui l’entourent. Une série de sondages a ainsi été effectuée par la DAFA et ses archéologues afghans en formation, afin de mieux comprendre l’histoire et la structure de cette mosquée. Les travaux menés à l’extérieur du bâtiment ont révélé que trois pièces postérieures à la première phase de construction ont été accolées au mur Sud, le cimetière a ensuite recouvert ces bâtiments après leur abandon. Les dégagements réalisés à l’intérieur de l’édifice ont révélé que les décors des parois Nord étaient remarquablement bien conservés, et que comme l’avait montré Ch. Adle, la façade Est était fermée par de petits murs écrans qui devaient recevoir l’encadrement des grandes portes dont il reste la trace. Les observations préliminaires de la céramique indiquent la présence d’un habitat probablement dense avec une continuité d’occupation entre le Vème et le XVIIème siècle sur le site.

A long terme, cette opération vise d’une part à assurer une bonne conservation de la mosquée tout en en garantissant l'accès aux fidèles et touristes qui sont nombreux à fréquenter ce lieu, et d’autre part à pouvoir garantir de bonnes conditions d'étude de ce monument remarquable. 

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