Bala Hissar, Balkh

Les travaux anciens de la DAFA sur le Bala Hissar (le "Fort d’en haut") n’ont jamais permis de mettre en évidence la présence de vestiges grecs. Après son expédition de 1924-1925, A. Foucher décrit ce fort en ces termes : "De forme vaguement ovale, flanqué de quatre bastions (sans compter l’Arg) et percé de quatre brèches, il n’a pas moins de 3.300 mètres de tour (…) sa surface n’est qu’un désert de briques écroulées, dont les monceaux s’accumulent particulièrement dans la partie centrale (…) il reste au moins cinq bons hectares à défoncer pour peu que vous désiriez savoir ce qui s’y cache." Daniel Schlumberger y pratiqua 37 sondages entre 1947 et 1950 sans reconnaître le moindre vestige architectural, mais ses travaux ont offert les premiers indices, bien que discrets, d’une occupation pré-kouchane.

Reprises par la direction de la DAFA en 2004, les fouilles du Bala Hissar ont mis en évidence les niveaux achéménides tant recherchés par ses prédécesseurs. Un large sondage sur le rempart du Bala Hissar a dévoilé une séquence stratigraphique complète dans laquelle s’inséraient ces occupations. Un abondant matériel y a été prélevé et son analyse a révélé la présence d’une céramique fine de couleur grise, semblable à celle des niveaux grecs du site d’Aï Khanoum. Par ailleurs, des puits de l’époque islamique ont livré un abondant matériel archéologique attestant une forte densité d’occupation du site du IXème au XIIème siècle.

D’importants creusements d’époque achéménide ont été découverts durant la campagne de 2008. Ils pourraient être mis en relation avec un premier état des fortifications. Une tour circulaire en brique crue a également été dégagée, dont la construction, serait probablement à mettre en relation avec un des états des remparts de Balkh.

En 2014, une étude du matériel céramique de l’âge du Fer de l’ensemble des fouilles de l’oasis de Bactres a été entreprise. Le matériel provenant du Bala Hissar s’avère être le plus varié et révèle que la citadelle était occupée dès l’âge du Fer ancien, il s’agit donc de la zone la plus ancienne du site de Bactres, puis durant l’âge du Fer moyen.

En mai 2015, une nouvelle campagne de fouille a été menée afin de nettoyer le chantier de 2005 utilisé comme décharge par les habitants et l’hôpital de la ville, et reboucher des sondages ouverts en 2008 devenus dangereux par leur profondeur. Cinq sondages ont ensuite été réalisés avec deux objectifs. Le premier était d’obtenir des informations stratigraphiques relatives aux occupations les plus anciennes connues par la céramique datée de l’âge du Fer ancien, afin de préciser la chronologie de Bactres et en particulier sa première occupation. Le second objectif des sondages était de comprendre où se trouvait la limite de l’occupation achéménide identifiée par nos prédécesseurs. L’étude des céramiques issues de ces sondages indique que l’âge du Bronze n’est attesté que par un fragment et que la période hellénistique n’est pas représentée.

Bibliographie

BERNARD (P.), BESENVAL (R.), JARRIGE (J.-F.)

2002

« Carnet de route en images d'un voyage sur les sites archéologiques de la Bactriane afghane (mai 2002) », in Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 146, n° 4, p. 1385-1428.

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