Al-Ghatâ, Wardak

Le site d'Al-Ghatâ s’étend sur une grande crête montagneuse de la province afghane du Wardak, au Sud-Est de Kaboul, entre 2480 m et 2690 m d’altitude. Il recèle les vestiges kushans d'une vaste agglomération fortifiée, d’une superficie de 40 ha.

En 2005, deux campagnes de fouilles ont été conduites sur ce site par la DAFA. L’objectif de ces opérations était de réaliser un diagnostic archéologique, de définir l’organisation de son agglomération, de pratiquer des sondages de reconnaissance et d’évaluer l’état de conservation des vestiges affectés par les pillages. Malheureusement, les fouilles ont dû être interrompues en 2006 pour des raisons de sécurité liées au retour des talibans dans la région.

Après plusieurs visites de reconnaissance, les travaux se sont concentrés sur trois secteurs distincts du site d'Al-Ghatâ.

La zone inférieure du site, sur la pente Sud de l’épaulement montagneux, était particulièrement affectée par les pillages modernes. Les restes d’un petit stupa décoré entouré d’un mur de brique crue ont été retrouvés sur une terrasse trapézoïdale. Cependant, les tranchées souterraines de pillage avaient vidé cette structure de l’intérieur et certainement détruit le reliquaire. Les fines couches de cendres retrouvées au pied Sud-Ouest du stupa semblent indiquer l’utilisation d’encens ou de lampes. Alors que les vestiges de différentes statues ont été découvertes, l’une d’entre elles semble monumentale et évaluée à 4 m de hauteur environ. Ses pieds, recouverts d’un enduit peint blanc, reposaient sur un socle peu élevé et arrondi, ses jambes dévoilaient un tissu drapé de style hellénisant peint en bleu lapis lazuli rehaussé d’or, tandis que la tête était en mauvais état de conservation.

La bordure de la crête Nord du relief laissait apparaître des tronçons de murs, identifiés par la fouille comme des vestiges du rempart Nord du site. Le mur suit les accidents de la crête sur une hauteur maximale située entre 0,80 m et 1 m. Il est formé de deux parements dont la base est construite en schiste local, pierre dont les plaques se délitent facilement. Le reste de la construction, dont il est difficile d’avoir une idée précise, était construit en briques crues d’après les indices recueillis durant la fouille. L’ensemble du rempart dégagé se compose de six tours arrondies avec ou sans meurtrière, accolées au mur et disposées à intervalles irréguliers, sans doute en raison des conditions topographiques et des nécessités de défense. En effet, dans cette section le dénivelé enregistré est de 103 m. Sept contreforts de plan rectangulaire ont aussi été découverts dans la partie haute en raison d’une pente plus raide. Le mobilier céramique recueilli est peu important et provient principalement des ramassages de surface. Son étude permettra néanmoins de fournir une première chronologie d’occupation du site.

Dans le secteur situé au sommet d'Al-Ghatâ, une série de pièces au plan irrégulier a été dégagée ainsi qu’un grand mur faisant le tour de l’élévation. Cet ensemble architectural a été interprété comme une tour permettant de contrôler le site. L’accès à cette terrasse supérieure semblait se faire par une entrée fortifiée dans la partie Nord-Est.

DAFA © 2017 All Rights Reserved | Designed & Developed By - DAFA